Maladie

14.1 - Le Conseil Médical : l’instance clé de votre santé au travail

Le Conseil Médical est l’instance consultative unique (fusionnant les anciennes commissions de réforme et comité médical) chargée d’éclairer l’administration sur les questions liées à l’état de santé des agent·es. Il se réunit au niveau départemental (généralement en Préfecture). Il est composé de médecins agréés et, pour sa « formation plénière », de représentant·es de l’administration et du personnel. Il est saisi notamment pour les arrêts longs, l’imputabilité au service (accidents/maladies pro), les temps partiels thérapeutiques, l’inaptitude ou l’invalidité.

Les représentant·es des personnels y siègent pour garantir l’équité, vérifier le respect des procédures et s’assurer que tous les éléments de votre dossier sont pris en compte. Le rôle de la CGT FERC Sup est crucial en amont : nous vous aidons à constituer un dossier solide, à rédiger vos observations et à préparer votre audition. Nous intervenons pour que votre situation soit défendue avec humanité et rigueur face aux enjeux administratifs.

14.2 - L’invalidité : sécuriser ses revenus face à l’inaptitude définitives

L’invalidité intervient lorsque l’inaptitude physique est reconnue comme permanente et définitive, empêchant la reprise du service. Pour le fonctionnaire, elle peut donner lieu à une mise à la retraite anticipée avec versement d’une pension civile d’invalidité, dont le montant dépend du taux d’incapacité et de la durée des services. Pour le ou la contractuel·le, qui relève du régime général, c’est la Sécurité sociale qui attribue une pension d’invalidité (en 1re, 2e ou 3e catégorie) pour compenser la perte de capacité de travail. Dans les deux cas, le processus est lourd et nécessite l’avis des instances médicales. L’enjeu est de garantir une protection financière pérenne lorsque la carrière est interrompue par la maladie ou l’accident. Une prévoyance complémentaire peut être nécessaire pour maintenir le niveau de vie initial.

14.3 - L’inaptitude : comprendre vos droits et procédures

L’inaptitude est constatée lorsque l’état de santé d’un agent·e ne lui permet plus d’exercer tout ou partie de ses fonctions. Elle est déclarée par un médecin agréé après avis du Conseil Médical. Pour le fonctionnaire, l’administration a une obligation de reclassement sur un emploi compatible ; en cas d’échec, il peut être mis en disponibilité d’office ou admis à la retraite pour invalidité. Pour le ou la contractuel·le, la procédure est similaire (reclassement), mais si celui-ci est impossible ou refusé, elle mène au licenciement pour inaptitude physique. Dans les deux cas, l’inaptitude peut être temporaire ou définitive, totale ou partielle. C’est une étape charnière qui nécessite un suivi rigoureux pour éviter la perte d’emploi ou de revenus.

14.4 - Accident de service et maladie professionnelle : protégez votre santé

L’accident de service se définit par un événement soudain et violent survenu dans le cadre du travail (ou lors du trajet), entraînant une lésion physique ou psychique immédiate ou différée. À l’inverse, la maladie professionnelle résulte d’une exposition prolongée à un risque (et qui rentre dans la description d’un ensemble de tableaux pathologiques répertoriés). Faire reconnaître l’imputabilité au service est crucial : cela garantit la prise en charge intégrale des frais médicaux, le maintien du plein traitement durant l’arrêt (CITIS) et la suppression du jour de carence. À terme, cela permet d’ouvrir droit à une indemnisation en cas de séquelles permanentes. Sans cette reconnaissance, l’agent·e subit une perte de salaire et des frais à sa charge. C’est une protection vitale pour ne pas cumuler souffrance de santé et précarité financière.

VICTOIRE : À l’Université de Bordeaux, la CGT a obtenu en 2023 le premier CITIS pour un accident en lien avec un choc émotionnel violent et soudain faisant suite à la décision d’un N+1 de relever immédiatement de son poste à effet un agent sur la base d’accusations diffamatoires.

14.5 - La visite médicale de prévention : un droit pour votre santé

La visite médicale de prévention est un examen obligatoire qui doit avoir lieu au moins tous les cinq ans (ou plus fréquemment selon les risques). Elle est réalisée par le médecin du travail (ou de prévention), souvent au sein du service de santé de l’établissement. Au-delà du calendrier réglementaire, elle peut être demandée à tout moment par l’agent·e lui-même, par l’administration, ou par le médecin s’il le juge nécessaire. Elle consiste en un entretien confidentiel et un examen clinique visant à vérifier la compatibilité entre votre état de santé et votre poste de travail.

L’enjeu majeur de cette visite réside dans les préconisations : le médecin peut préconiser des aménagements de poste (matériel ergonomique, changement d’horaires, télétravail) ou des restrictions de tâches. Ces avis s’imposent à l’employeur, qui a l’obligation de les mettre en œuvre ou de motiver son refus. En cas d’inadéquation totale, le médecin peut rendre un avis d’inaptitude au poste, ouvrant alors la voie à une procédure de reclassement.

C’est un moment clé pour signaler toute dégradation de votre santé liée au travail (physique ou mentale) avant qu’une pathologie ne s’installe.

14.6 - Le dossier médical de l’agent·e : un document confidentiel et stratégique

Le dossier médical en santé au travail est constitué par le médecin du travail (ou de prévention) dès votre première visite d’embauche. Il contient l’historique de vos examens, vos antécédents, les risques professionnels auxquels vous êtes exposé (amiante, produits chimiques, RPS) et les éventuelles préconisations d’aménagement de poste. Ce dossier est conservé sous la responsabilité du service de médecine de prévention, souvent dans des locaux dédiés et sécurisés. Son but est d’assurer le suivi prolongé de votre santé et de tracer l’origine professionnelle de certaines pathologies.

Qui peut le consulter ? Le secret médical est absolu : ni votre hiérarchie, ni les RH, ni vos collègues n’ont accès à son contenu. Seul l’agent·e peut en demander la communication intégrale (loi Kouchner). Les représentant·es syndicaux ne peuvent le consulter qu’avec votre accord écrit et explicite. C’est un outil précieux pour prouver l’antériorité d’une usure professionnelle ou d’une souffrance au travail lors d’un passage en Conseil Médical.

14.7 - La protection sociale complémentaire (PSC) : vers une complémentaire obligatoire

La Protection Sociale Complémentaire (PSC) évolue radicalement avec la mise en œuvre d’un régime de santé obligatoire dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche. L’objectif est de couvrir les frais de santé en complément de la Sécurité sociale, avec une prise en charge par l’État-employeur à hauteur de 50 % de la cotisation d’un « panier de soins » de base. Au-delà de la santé, le volet prévoyance reste un enjeu crucial pour garantir le maintien de votre salaire en cas d’incapacité ou d’invalidité. La CGT FERC Sup dénonce toutefois les dérives de cette réforme : caractère obligatoire du contrat collectif, risque de hausse des cotisations pour les retraité·es et les ayants droit, et menaces sur les solidarités existantes au sein des mutuelles historiques.

La CGT FERC Sup revendique :
  • la prise en charge de la perte d’autonomie par la branche maladie de la Sécurité sociale,
  • la Sécurité sociale intégrale et sa gestion directe par les travailleurs et les travailleuses,
  • l’augmentation des cotisations patronales, la fin des exonérations de cotisation (sans baisse du salaire net) et le remboursement des cotisations non perçues,
  • l’abrogation de la CSG,
  • la gestion de la Sécurité sociale doit être rendue aux assuré·es sociaux et sans ingérence de l’État.

POUR EN SAVOIR +

Article PSC : la future complémentaire santé obligatoire dans l’ESR

Article PSC Prévoyance : pour y voir clair. Statutaire, MGEN individuelle, MGEN collective.