Se syndiquer à la CGT et à la CGT FERC Sup

1.1 - Pourquoi se syndiquer à la CGT ?

Se syndiquer, c’est se mettre ensemble pour améliorer ses conditions de travail. Face à des directions, des présidences et un ministère toujours plus méprisants à l’égard des agent·es qui font vivre le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, notre seule arme, c’est notre nombre : nous faisons fonctionner les universités et autres établissements d’enseignement supérieur, alors si nous nous mettons ensemble, nous avons le pouvoir de gagner des améliorations de nos droits et davantage de moyens pour notre secteur.

Nous bénéficions tous les jours des fruits de l’action de la CGT : la journée de 8 heures (1936), les congés payés (1936), la Sécurité sociale (1946), le statut général de la fonction publique (1947 et 1983)… autant de conquêtes qui n’ont été obtenues que par la lutte. Avant que la CGT ne bataille sur tous ces points, les fonctionnaires avaient beaucoup d’obligations… et très peu de droits, au nom d’une prétendue nécessaire « loyauté envers l’État ». Il faut le rappeler : si tout le monde a aujourd’hui une carte vitale dans la poche, des vacances en conservant son salaire, une retraite, etc., c’est grâce aux luttes des salarié·es à la CGT ! Et si les syndicats venaient à être trop affaiblis, il suffit de se tourner vers ce passé pour entrevoir ce qu’il advient lorsque les employeurs n’ont pas de contre-pouvoir en face d’eux : les droits collectifs sont inexistants.

1.2 - Mais aujourd’hui, que font les syndicats ?

Les syndicats ne sont composés que de leurs militant·es : les syndicats font ce que leurs effectifs leur permettent de faire. Et dans l’enseignement supérieur et la recherche, les adhésions à la CGT sont de plus en plus nombreuses depuis quelques années, alors la CGT peut faire de plus en plus de choses : les nombreuses victoires, plus ou moins grandes, listées dans ce guide, le montrent. Et pour gagner davantage de choses, à plus grande échelle, une seule solution : nous devons être plus nombreux et nombreuses. Il n’y a pas de secret : là où la CGT est forte, nous arrivons plus facilement à bloquer des réorganisations de service, à empêcher un licenciement, à obtenir davantage de primes, à pérenniser des agent·es précaires. Là où la CGT est faible ou absente, il est plus difficile voire impossible de gagner des choses. Et si à l’avenir, nous sommes plus forts qu’aujourd’hui, alors nous gagnerons davantage, et pour cela il ne tient qu’à vous, lecteurs et lectrices du présent livret, de vous syndiquer à votre tour !

Car notre syndicalisme avance sur deux jambes : d’une part, l’action quotidienne par laquelle nous recherchons l’amélioration immédiate de nos conditions de travail ; et d’autre part, un projet à plus long terme de transformation de la société, avec la vision d’un service public d’enseignement supérieur gratuit, laïque, démocratique et émancipateur. Face à ceux qui veulent tout privatiser et diminuer le nombre d e fonctionnaires, nous défendons au contraire le statut de fonctionnaire, qui mériterait d’être étendu aux nombreux contractuel·les qui subissent des conditions de travail précaires dans les universités. Et au-delà même de notre secteur, la CGT porte l’ambition de construire une société plus juste et plus égalitaire, débarrassée de l’exploitation capitaliste et des dominations racistes et patriarcales, où le travail serait organisé par les salarié·es elles et eux-mêmes dans la recherche de l’intérêt collectif et du renouvellement des ressources planétaires plutôt que dans une quête de profits illimités. Ces réflexions peuvent sembler utopiques, mais elles ne visent qu’à garantir un monde vivable pour toutes et tous : c’est beaucoup plus raisonnable que la pente actuelle de nos sociétés vers la guerre généralisée, des gouvernements toujours plus autoritaires et une exploitation destructrice des écosystèmes.

1.3 - Les syndiqué·es au cœur

À la CGT, ce n’est pas le sommet qui décide : les syndiqué·es sont au cœur de l’organisation et décident de son orientation, des revendications et des modes d’action. Et ces syndiqué·es ne relèvent pas d’un seul champ professionnel : le syndicalisme que nous portons n’est pas catégoriel mais interprofessionnel, il n’est pas monolithique et centralisé mais fédéré et démocratique. BIATSS, doctorant·es, enseignant·es, enseignant·es chercheur·ses, vacataires, nos intérêts sont communs et nous sommes plus forts en luttant côte à côte que séparément.

En rejoignant la CGT, on peut prendre le temps d’échanger avec nos collègues, rencontrer des travailleur·ses de secteurs bien différents mais aux problématiques pas si éloignées des nôtres en réalité, on peut exercer son droit à la formation syndicale, recevoir de l’information, trouver des ressources sur nos droits, etc. On peut, en un mot, commencer à reprendre la main sur notre travail.

Se syndiquer, c’est donc faire l’expérience de la solidarité collective, c’est sortir du fatalisme et de la morosité politique, c’est se donner la possibilité de changer les choses. Pour accumuler les petites victoires et peu à peu renverser la vapeur des réductions de budget successives et retrouver enfin les moyens de bien faire nos métiers.